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Organisme: Préfecture de la Région Auvergne


Situation de la sécheresse dans la Puy-de-Dôme

Article du 18 juin 2002


Le déficit de pluviométrie dans le Puy-de-Dôme a commencé dès le mois de novembre 2001. Il s'est aggravé en décembre 2001 et janvier 2002. Selon Météo France, fin avril 2002, le département se trouvait dans une situation de record de sécheresse, sur quasiment tout son territoire. Les pluies du mois de mai se sont situées dans une fourchette de - 10 à + 20 % par rapport à la moyenne de ce mois. Elles auront permis une légère réduction des déficits. Toutefois, ceux-ci restent supérieurs à 40 % sur un axe qui va des Combrailles à la Limagne et au Livradois Forez. Seule la région d'Issoire échappe à cette sécheresse exceptionnelle.

Le débit des cours d'eau est suivi par la Direction régionale de l'environnement (DIREN). Hormis l'Allier, à la fin du mois d'avril tous les débits mesurés étaient inférieurs à l'étiage décennal. Les pluies du mois de mai ont provoqué des modestes remontées de débit, suivies d'un retour aux mêmes situations d'étiage. A ce jour sur 16 points de mesures, 14 enregistrent un étiage inférieur aux valeurs décennales.

La nappe de l'Allier aux Martres de Veyre a atteint son niveau minimum historique enregistré. Il en est de même sur le piézomètre implanté à Charbonnières les Varennes sur le bassin de Volvic.

Sur cet état de la situation, les services de Météo France et de la direction régionale de l'environnement sont à votre disposition pour compléter votre information.

S'agissant de l'Allier, nous avons toutefois la satisfaction de constater que la retenue de NAUSSAC stocke à ce jour 167 millions de m3 pour une capacité maximale de 190 Millions de m3. Le soutien d'étiage de l'Allier pourra être assuré normalement pendant l'été 2002.

J'ai réuni le 30 mai 2002 un comité départemental de la sécheresse élargi à l'ensemble des utilisateurs de l'Eau. Je souhaite évoquer les difficultés que nous avons identifiées et les décisions que j'ai déjà prises dans un but de prévention. J'aborderai successivement les différents enjeux que nous avons répertoriés, en ce qui concerne le tourisme, l'agriculture et l'alimentation en eau potable.


Le tourisme

La retenue des FADES sur la Sioule est un centre d'intérêt touristique important par la baignade et le nautisme. Elle avait été vidée partiellement afin de permettre la visite d'inspection décennale du barrage. A ce jour, elle n'est remplie qu'à 28 %. Son niveau est à 16 mètres en dessous de celui qui est habituellement atteint en été. Le débit de la Sioule est quasiment égal au débit réservé qui doit être relâché à l'aval de l'ouvrage.

En conséquence, je me propose d'alerter les utilisateurs du plan d'eau afin d'examiner avec eux quelles dispositions pourront être prises pour en assurer une exploitation touristique au moins partielle.

L'agriculture

La sécheresse a déjà eu des conséquences sur la production fourragère au Nord des Combrailles et dans le Livradois-Forez. Dans la plaine de la Limagne, une baisse de rendement des céréales d'hiver est d'ores et déjà avérée. Les organisations professionnelles agricoles évaluent ces pertes et considèrent à ce jour qu'elles pourraient atteindre sur les céréales 20 à 30 %. L'écart de production des herbages est encore susceptible d'être rattrapé s'il pleut régulièrement.

J'ai examiné plus en détail la situation des irrigations à partir de la Morge. Il s'agit d'un enjeu important qui intéresse 200 agriculteurs qui irriguent dans quatre ASA, une surface de 1 750 ha essentiellement consacrés au maïs et aux betteraves. Le barrage de la SEP ne contient que 800 000 m3 après une vidange totale en septembre 2001 dans le cadre de sa visite décennale. Après avis du Conseil départemental d'hygiène, j'ai autorisé une réduction du débit à assurer à PONTMORT jusqu'au 30 juin 2002. Cela permettra de conserver la totalité du volume stocké jusqu'au 1er juillet.

Après cette date, les besoins pour l'irrigation ont été estimés à 1 700 000 m3.Je ferai donc un nouveau point de la situation à cette échéance et je prendrai les mesures de répartition des eaux comme la loi sur l'eau m'y autorise.

D'ores et déjà, je souhaite que les syndicats d'irrigation et l'Etat exercent une véritable co-responsabilité de l'utilisation des eaux de la SEP et de la MORGE. J'attends des irrigants qu'ils respectent scrupuleusement leurs quotas. Il est convenu que les compteurs seront relevés chaque semaine et que des pénalités financières lourdes seront appliquées aux dépassements de consommation.

L'alimentation en eau potable

Nous avons identifié deux secteurs critiques :
> La commune de Saint-Eloy les Mines utilise le barrage des VENDES et une retenue appelée PLAN D'EAU SUD. La société ROCKWOOL prélève quant à elle dans le barrage de MONTAIGUT et dans le plan d'eau Sud. Le barrage de MONTAIGUT ayant été vidé, le plan d'eau Sud va fournir 1 400 m3 /jour pendant l'été. Son niveau baissera de 1,5 m. Or, il s'avère que le fond de la retenue est constitué de couches stratifiées riches en arsenic et en cadmiun. J'ai demandé que soit mis en place un programme renforcé du contrôle de la qualité de l'Eau ainsi qu'un système d'astreintes permettant de disposer de résultats d'analyse dans la journée. Le laboratoire de la Société Lyonnaise des Eaux sera sollicité à ce titre.

> La commune de Thiers
Son réseau d'alimentation en eau potable comporte deux services :
- Le bas service est alimenté par le champ de captage du FELLET qui produit l'été 1 500 m3 /jour. Les puits sont très vulnérables aux pollutions de la DORE et de la DUROLLE. A la suite d'incidents de pollution de juillet 2001, le Sous-Préfet de Thiers avait réuni des industriels pour les sensibiliser aux risques de rupture de la desserte en eau potable de Thiers. Ces recommandations vont être renouvelées. Les services de l'Etat dont la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (DRIRE) procéderont à des contrôles inopinés et aux constats des infractions qu'ils relèveront.

- Dans le haut service de Thiers, les besoins sont estimés à 1 800 m3/jour. L'étiage de la CREDOGNE peut nous conduire à manquer de 200 m3/jour. La ville de Thiers sera donc invitée à mettre en place des mesures d'économie et à les faire respecter. J'ai aussi demandé que soit exploitée sans délai la possibilité d'utiliser le plan d'eau de Saint-Rémy sur Durolle. Il conviendra d'analyser cette hypothèse sous l'angle technique, économique, en appréciant ces éventuelles conséquences sur le tourisme.

En dehors de ces sites identifiés, nous devons nous attendre à des tarissements de sources et à des risques de pénurie. Je rappelle que le Puy-de-Dôme utilise pas moins de 1 200 captages. J'invite d'ores et déjà les gestionnaires des réseaux à être attentifs à l'évolution de ces ressources.


News Press 18/06/2002 17:46:00


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