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Manzat : son histoire

Manzat est d'origine ancienne mais son histoire avant le XVIIIe siècle est mal connue.
Plusieurs seigneuries se sont partagées le territoire de la paroisse jusqu'en 1789, dont le fief de Manzat qui au XIIIe siècle appartenait à la famille du même nom.

Vers 1260 Jean de Manzat fit hommage pour ses biens a Alphonse de Poitiers (1220 - 1271, comte de Poitiers et de Toulouse de 1249 à 1271, fils de Louis VIII et époux de Jeanne, comtesse de Toulouse), apanage de la Terre d'Auvergne.

En 1290 Guillaume de Manzat vendit pour 140 livres ses droits sur le village de La Brousse aux chartreux du Port-Sainte-Marie.

Pendant les guerres de religions, le frère du Duc de Nemours, chef de la Ligue d'Auvergne, mis le village de La Roche à sac (il cherchait peut-être le trésor retrouvé en 1840 ?).

Durant le XVIIIème siècle, Manzat était un bourg d'une certaine importance sur le chemin carrossable de Riom à Montaigut-en-Combraille. Il y avait un relais de poste et un grenier à sel. C'était un centre de contrebande de ce sel vers le Bourbonnais, les incidents entre faux sauniers et gabelous semblent avoir été fréquents. En 1730, il y eut entre eux un violent différent : 18 faux sauniers furent arrêtés et condamnés à la pendaison, à la roue ou aux galères.

L'histoire de Manzat pendant la révolution ne fut marquée que par des événements habituels. En 1791, sur les cinq prêtres, un seul, le vicaire Olivier refusa de prêter le serment à la Constitution civile du clergé.

En janvier 1793, plusieurs personnes, pensant qu’il y avait des armes au château de Soulages, demandèrent qu'il y soit fait des recherches.

"La Municipalité de Manzat, sûre qu'il n’y avoit rien de ce qu'on soupçonnojt, pris le parti des s’y transporter soit pour vérifier le fait, soit pour rassurer le public déjà inquiet avec raison dans ce moment de la Révolution… La femme du citoyen Barbat, propriétaire du château, exhiba deux fusils et demanda à conserver le tout pour" Sa défense". Les agents municipaux acceptèrent et déclarèrent que le château ne présentait pas de signes contraires à la constitution... et qu'il ne présentait pas de risques d'être un réduit fortifié contre la Révolution. Le château fut donc respecté.

Un peu plus tard, en novembre, pour manifester leurs sentiments républicains ces mêmes habitants envoyèrent à Clermont des représentants pour honorer la mémoire de Chalier, considéré comme un martyr de la liberté et condamné à mort par les royalistes de Lyon.

La levée en masse dut s'opérer sans difficulté car en 1796, il y avait 71 hommes originaires de Manzat aux armées (un seul avait été tué), cela pour une population évaluée à 1331 habitants,

Mais en 1799, les choses changèrent, La conscription se heurta à une résistance générale. "Malgré notre activité, déclarèrent les administrateurs, il ne s 'est présenté aucun conscrit valide. Restent les voies de /a contrainte." Celles-ci devaient s'avérer inefficaces.

Les premières année de l'Empire se passèrent sans problème.

En 1801-1802, il n'y eu aucun réfractaire au service militaire. La brigade de gendarmerie de Manzat n'eut pas à intervenir.

Mais en 1808 les difficultés reprirent. Sur 38 appelés, seulement 21 répondirent. Les absents étaient à peu prés tous des indigents. Pour les faire "céder", la force armée enleva tout ce qu'elle pu prendre chez leurs parents qui furent mis alors dans un état de misère absolue.

Dans les années l810-I8l2, cette situation se dégrada encore davantage.

Utilisant les canaux de l'émigration fréquente dans la région, les réfractaires partaient comme scieurs ou bûcherons dans le Loiret, munis des papiers d'un parent ou d'un ami exempté de Service. Pour sévir, face à cette attitude, les forces de police choisirent, parmi les exemptés, des volontaires afin de compléter leur liste.

Peu d'événements marquent le reste du siècle. Par exemple, en application de la loi Guizot (juin 1833) obligeant les communes de plus de 500 habitants à ouvrir et entretenir une école primaire publique pour les garçons (pour les filles, il faudra attendre 1850 !), Manzat contrairement à beaucoup de communes accepta cette construction en couvrant les trois quarts de la dépense.

En 1846, les récoltes, en particulier celle de pommes de terre, furent très mauvaises et l'année suivante, toute la région connut une crise grave. Il y eut des troubles sur le marché.

En 1848, après la proclamation de la République, les " rouges ", nom que l'on donnait aux socialistes, s'agitèrent et fermèrent l'église. Celle-ci, un peu avant 1870 fut rebâtie grâce au curé Mazoir et placée sous l’invocation de la Vierge. Elle fut consacrée en 1872.

En 1840, au village de La Roche, un trésor de 80 pièces de monnaie a été trouvé. Elles avaient été frappées en Dauphiné et en Provence entre 1340 et 1380, sans doute oubliées lors du passage de routiers pendant la Guerre de Cent ans.

En 1886, la commune comptait 2 142 habitants.

En 1982, sur les 1480 habitants recensés, seulement 800 résidaient au bourg communal, les autres se dispersaient dans plus de quarante villages ou hameaux.

Manzat : histoire de l'église.

L'église était un bâtiment roman, de petites mais très justes proportions, dont le porche devait être agrémenté d'une fresque du jugement dernier (Ardouin-Dumazet). Elles fut détruite et servit de carrière de pierres après sa fermeture en 1848. Il n'en reste rien aujourd’hui.

La nouvelle église qui fut consacrée à la vierge en 1872 conserve un mobilier intéressant.

L'admirable piéta en noyer, aux dimensions importantes, de la chapelle gauche, date du XVIIe siècle, et provient de la Chartreuse du Port-Sainte-Marie.

Dominant le maître-autel, une Notre-Dame des Victoires fut donnée a Manzat par une paroissienne, que les excès des communards à Paris en 1871, avaient effrayée.

On trouve encore dans l’église, des boiseries du XVIIe siècle, un beau retable du XVIIe siècle, avec en bas-relief, Saint Jean et Saint Pierre. Il y a également de fort belles stalles en bois du XVIIe siècle, ajustées aux dimensions de leur nouvelle destination, qui proviennent, elles aussi de la chartreuse.

A l’extérieur, par dessus le toit de la croisée du transept, une autre Vierge tend ses mains bénissantes : rappel d'un vœu du curé Mazoir à Notre-Dame de Fourvière.'